| Quelqu’un peut-il aujourd'hui s’y retrouver dans la discographie tentaculaire des Legendary Pink Dots et ses dérivés légitimes tels qu'Edward Ka-Spel, The Tear Garden et The Silverman ? Pour compliquer les règles d’un jeu dont nous possédons trop de cartes en main pour arriver à y voir suffisamment clair, le groupe a, depuis ses débuts, inventé une discographie dans la discographie, façon kaléidoscope, selon plusieurs axes de lectures et d'écoutes. Sa colossale série des "Chemical Playschool" initiée en 1981, et dont le volume 15 vient tout juste de sortir, est l'un de ces axes rhizomiques, véritable monstre sonore dédié aux expérimentations hors de tout format classique. Si ce jeu de piste aux règles obscures oblige une quête personnelle, signalons ici que le "Alchemical Playschool" paru en 2006 ne fait pas partie de la série, et que tout hardi collectionneur qui se respecte pourrait passer le plus clair de son temps libre à traquer les titres Premonition 1 à Premonition 39 (attention, ils n’existent pas tous, du moins pas encore), disséminés un peu partout dans la discographie de ces prolifiques Anglais, Hollandais d’adoption. Par la construction même des titres, "Chemical Playschool 15" est très proche des disques solos plus calmes que son chanteur produit depuis une quinzaine d'années, fort heureusement ici sans les triturations parfois sans queue, ni tête, ni fin, proposées sur chacun de ses opus depuis "Caste O' Graye Skreeëns". À l'occasion de cette nouvelle sortie on se souviendra avec nostalgie des volumes 6 & 7 (a.k.a "The Legendary Pink Box"), les 8 & 9, ainsi que le 10, véritables trésors d'inédits enregistrés lors de sessions couvrant les albums du groupe depuis "Island of Jewels" jusqu'à "Hallway of The Gods", et que cette sortie nous aura donné prétexte à dépoussiérer avec une étincelle dans le regard. |