Johnny Marr
The Messenger
[Pid]
Connu avant tout pour s'être illustré chez les Smiths, Johnny Marr s'essaye enfin, 16 ans après la séparation de son groupe, à la carrière véritablement solo (on l'avait croisé ces 25 dernières années au sein des groupes Electronics, The Healers. The The, Modest Mouse ou plus récemment The Cribs). Ce premier album vivace le voit aussi tenir le micro avec brio et, sans forcer, livrer douze brulots d'un rock urgent. La mélodie n'est cependant pas exclue ; au contraire, elle dope "The Messenger" et s'acoquine parfaitement avec l'instrument énervé de l'ex alter-ego de Morrissey. On en regrette d'autant plus la disparition du groupe, dont l'excellence est ici tutoyée l'espace de quelques morceaux, et on se laisse vite happer par l'énergie que déploie l'ensemble et ces vertus mélodiques salvatrices. Les sonorités du sieur Marr dégagent le même charme qu'à l'époque et l'inspiration, constante, ne s'est pas tarie. Une fougue presque punky anime même une poignée de chansons, l'élégance voisine sans heurt avec la vigueur, et c'est bel et bien un rendu de tout premier ordre que signe Marr, étonnamment direct et dont aucun essai ne souffre ici la moindre critique négative. Au bout du compte, sûrement l'un des travaux rock les plus intéressants de ces dernières années.
William Dumont